À quelques mois de l’élection à la présidence de la FIFA, prévue le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc, Ramon Vega affiche ses ambitions. L’ancien international suisse, candidat déclaré, entend impulser une nouvelle dynamique à la gouvernance du football mondial, avec un accent particulier sur l’indépendance économique du football africain. Dans un entretien exclusif accordé à MEGA SPORTS MEDIA, il revient sur les réformes qu’il souhaite engager, sa vision pour le continent africain, ses soutiens et les raisons qui motivent sa volonté de succéder à Gianni Infantino.

La course à la présidence de la FIFA s’annonce comme un nouveau rendez-vous majeur pour la gouvernance du football international. Parmi les candidats qui entendent bousculer l’ordre établi figure Ramon Vega. Fort de 16 années de carrière comme footballeur professionnel international et de plus de 20 années d’expérience dans la finance internationale, l’ancien défenseur entend mettre son parcours au service d’une réforme de l’instance dirigeante du football mondial.

Pour lui, le football traverse une crise profonde qui touche aussi bien sa gouvernance que son leadership et la confiance accordée à ses dirigeants. « Le football mondial traverse une profonde crise de gouvernance, de leadership et de confiance. Notre sport appartient à ceux qui le font vivre, et non à ceux qui cherchent à le contrôler », estime-t-il.

C’est notamment son parcours entre le monde du football et celui de la finance qui, selon lui, constitue un atout face à Gianni Infantino. « Ce qui me distingue, c’est mon indépendance et mon expérience dans deux univers complémentaires : 16 années comme footballeur professionnel international et plus de 20 années dans la finance internationale », explique-t-il. Connaissant le fonctionnement du football « de l’intérieur, du vestiaire aux conseils d’administration », il assure ne rechercher ni le pouvoir ni les privilèges. Son engagement repose, dit-il, sur « la responsabilité, l’intégrité et la volonté de réunifier la famille mondiale du football ».

L’ancien défenseur résume d’ailleurs sa démarche par une formule qui traduit son ambition. « J’étais défenseur sur le terrain. Aujourd’hui, je suis prêt à défendre le football lui-même : son intégrité, ses acteurs et son avenir. »

Une FIFA plus démocratique et transparente

Au cœur du programme de Ramon Vega figure une réforme institutionnelle destinée à restaurer la confiance au sein de la FIFA. Le candidat veut notamment renforcer les mécanismes de contrôle, améliorer la transparence financière et garantir une meilleure responsabilité des dirigeants.

« Ma priorité sera de restaurer la démocratie, la transparence et la responsabilité au sein de la FIFA », affirme-t-il. Pour y parvenir, il préconise la mise en place de mécanismes de contrôle véritablement indépendants, une gestion financière transparente et un renforcement des institutions.

Dans sa conception de la gouvernance, le président de la FIFA doit avant tout être au service des 211 associations membres. Il ne doit pas exercer un pouvoir personnel sur elles. Ramon Vega insiste également sur la nécessité de garantir à chaque fédération, indépendamment de sa taille ou de sa puissance financière, la possibilité d’exercer librement ses droits démocratiques.

« Chaque fédération, quelle que soit sa taille ou sa puissance financière, doit pouvoir exercer librement ses droits démocratiques, sans intimidation, pression politique ni crainte de représailles », soutient-il. Il résume cette vision par un principe sans équivoque : « Aucun individu au-dessus de l’institution. Aucune institution au-dessus du football. »

L’indépendance économique du football africain au cœur de son projet

La place de l’Afrique constitue l’un des axes majeurs de la candidature de Ramon Vega. Loin de limiter sa vision à une augmentation des financements accordés par la FIFA aux fédérations africaines, il souhaite engager une transformation structurelle du modèle économique du football sur le continent.

« L’Afrique occupera une place centrale dans ma vision pour l’avenir du football mondial. Mais mon ambition pour l’Afrique va bien au-delà de la simple redistribution des ressources de la FIFA », précise-t-il.

À ses yeux, le continent dispose d’un potentiel considérable, porté par sa jeunesse, ses talents et une passion pour le football qu’il juge incomparable. Toutefois, les opportunités économiques restent encore insuffisamment exploitées. Son ambition est donc d'aider le football africain à construire son indépendance financière et économique.

Pour y parvenir, il entend favoriser la création d’un véritable écosystème économique et sportif africain, durable et autonome, que les fédérations et les acteurs du football local pourront développer, gérer et contrôler eux-mêmes.

Cette transformation passerait notamment par des investissements dans les infrastructures, les académies, la formation, les championnats nationaux et le football féminin. Elle devrait également s'appuyer sur le développement des droits commerciaux, des partenariats, des revenus audiovisuels et des opportunités économiques locales.

L'objectif est de permettre aux fédérations africaines de générer leurs propres revenus, de maîtriser leurs ressources et de décider librement de leur avenir. Pour Ramon Vega, le continent ne peut continuer à dépendre éternellement des subventions de la FIFA.

« L’Afrique ne doit pas rester éternellement dépendante des subventions de la FIFA. Elle doit progressivement devenir financièrement autonome, économiquement forte et pleinement maîtresse de son destin footballistique », insiste-t-il.

Dans ce processus, la FIFA aurait un rôle d'accompagnement à jouer en apportant les investissements, les compétences et les outils nécessaires. Le candidat souhaite également garantir une redistribution équitable et transparente des ressources, grâce à des mécanismes indépendants de contrôle et d’audit.

Fort de son expérience dans le football professionnel et la finance internationale, il entend contribuer à bâtir un modèle économique viable, capable de créer de la richesse, des emplois et des opportunités durables sur le continent.

« Je ne veux pas simplement donner davantage d’argent à l’Afrique. Je veux lui donner les moyens de créer sa propre richesse, de contrôler son économie footballistique et de construire son avenir pour les générations futures », précise-t-il.

Au-delà des financements, Ramon Vega souhaite aussi faire évoluer la place du continent dans les instances internationales. Selon lui, l’Afrique ne doit plus être considérée uniquement comme un réservoir de talents ou de voix électorales. Elle doit devenir une puissance économique et sportive, respectée et indépendante, disposant d’une véritable influence dans la gouvernance du football mondial.

Son ambition est ainsi de faire passer le football africain « de la dépendance financière à l’indépendance économique, de l’assistance à l’autonomie et du potentiel à la prospérité ». Il conclut cette vision par une conviction forte : « L’avenir du football africain doit appartenir aux Africains. »

Un football mondial plus équilibré à l’horizon 2035

Interrogé sur le football mondial qu’il souhaite voir émerger à l’horizon 2035, Ramon Vega défend une FIFA reconnue pour son intégrité, sa transparence et son engagement au service du sport.

Il veut notamment un football mondial dans lequel chaque continent bénéficie de véritables possibilités de développement, où les joueurs sont protégés, les supporters respectés et les fédérations suffisamment soutenues pour construire leur avenir.

Pour l’Afrique, cet horizon passe toujours par la construction d’un écosystème footballistique financièrement indépendant, capable de générer ses propres revenus et de financer durablement son développement. Cela suppose des championnats nationaux économiquement viables, des infrastructures modernes, des centres de formation performants et des opportunités commerciales permettant de conserver et de réinvestir davantage de richesses sur le continent.

Il estime également que les fédérations africaines doivent disposer des compétences, des ressources et de l’indépendance nécessaires pour maîtriser leur propre développement.

Quant à l’héritage qu’il souhaite laisser, le candidat ne le conçoit pas autour de sa personne ou de son exercice du pouvoir. « Mon ambition n’est pas de laisser un héritage personnel fondé sur le pouvoir, mais de construire des institutions solides et indépendantes qui serviront les générations futures », affirme-t-il.

Sa vision tient en trois orientations : « Tirer les leçons du passé. Moderniser le présent. Construire l’avenir. »

Des compétitions plus accessibles et une meilleure redistribution des revenus

La question de l’accessibilité des grandes compétitions figure également parmi les préoccupations du candidat. Pour Ramon Vega, le football doit rester un sport populaire et ne pas devenir un spectacle réservé aux personnes disposant des moyens financiers les plus importants.

Il prend notamment l’exemple de la Coupe du monde, qui doit, selon lui, demeurer une célébration populaire. Il entend ainsi défendre une politique tarifaire plus équitable, prévoyant des catégories de billets abordables pour les supporters et les familles.

Sur le plan financier, il plaide pour une transparence exemplaire de la FIFA, accompagnée de contrôles indépendants et d’une gestion responsable de ses importantes ressources.

Il souhaite également qu’une part plus importante des revenus de l’instance soit directement réinvestie dans le développement du football, particulièrement dans les pays où ces investissements peuvent transformer durablement les communautés.

« La puissance financière de la FIFA doit servir le développement du football, et non renforcer le pouvoir de ses dirigeants », défend-il.

Ramon Vega assure disposer déjà d’engagements de soutien

Cette candidature à la présidence de la FIFA ne constitue pas une première tentative pour Ramon Vega. L'ancien international avait déjà envisagé de briguer le poste en 2015, avant de tenter de défier Gianni Infantino en 2022. Pour cette nouvelle échéance, il affirme que sa détermination est restée intacte et que les circonstances ont évolué.

« Ce qui a changé, ce n’est pas ma conviction, mais la prise de conscience grandissante de la nécessité d’une véritable réforme du football mondial », explique-t-il.

Depuis plus de dix ans, il dit rencontrer, écouter et échanger avec des responsables et des associations de football sur plusieurs continents, notamment en Afrique. Les préoccupations qu’il soulevait déjà en 2015 concernant la gouvernance, la concentration du pouvoir et la redistribution des ressources lui paraissent aujourd’hui plus pertinentes que jamais.

Concernant ses chances dans cette élection, Ramon Vega confirme avoir déjà obtenu des engagements de soutien à sa candidature. Il précise toutefois qu’il ne souhaite pas dévoiler les noms des associations concernées à ce stade, par respect pour celles-ci et pour le processus électoral.

« Ces engagements sont le résultat d’années de dialogue, de confiance et de relations construites avec des responsables du football international », indique-t-il. Déterminé à poursuivre sa campagne jusqu’au bout, il assure vouloir défendre un programme crédible et une vision claire pour l’avenir du football.

Il tient cependant à préciser que sa démarche ne relève pas d'un affrontement politique personnel avec l'actuel président de la FIFA. « Je ne me présente pas pour poursuivre une guerre politique. Je me présente pour y mettre fin et réunifier la famille mondiale du football », affirme-t-il.

Un message particulier aux fédérations africaines

Sur la question des soutiens, Ramon Vega revient également sur les engagements obtenus auprès de certaines associations membres et sur les relais qu’il compte mobiliser pour convaincre les électeurs. Il assure que sa candidature repose sur des relations solides, établies depuis de nombreuses années.

Selon lui, ces soutiens ne sont pas le résultat de promesses de dernière minute, mais plutôt d’un travail de longue haleine fondé sur le respect, la confiance et une vision commune de l’avenir du football. Il affirme poursuivre activement ses échanges avec les associations membres sur tous les continents.

Son message aux fédérations africaines est particulièrement clair. Il souhaite rompre avec une approche qui réduit le continent à un simple réservoir de voix lors des élections à la FIFA.

« L’Afrique ne doit plus être considérée comme un bloc électoral que l’on sollicite tous les quatre ans. Elle doit devenir un véritable partenaire dans la construction et la direction du football mondial », martèle-t-il.

Pour le candidat, les fédérations africaines doivent pouvoir prendre leurs décisions librement, sans pression politique, intimidation ou dépendance financière. Il souhaite établir avec elles un partenariat fondé sur l’égalité, le respect mutuel, l’indépendance et des investissements durables.

Cette relation devrait notamment permettre aux associations africaines de construire leur propre puissance économique, de développer leurs ressources commerciales et de mettre en place un écosystème footballistique qu’elles pourront contrôler elles-mêmes.

« L’Afrique ne demande pas de privilèges. Elle mérite les mêmes droits, les mêmes opportunités et la même considération que les autres continents », souligne-t-il.

Convaincu que de nombreuses associations souhaitent aujourd’hui une alternative crédible, indépendante et capable de rassembler, Ramon Vega insiste enfin sur l’indépendance de sa démarche.

« Ma candidature n’appartient à aucune confédération, à aucun groupe d’intérêts et à aucun système politique. Elle appartient au football et à ceux qui le servent », conclut-il.

Avec son slogan « Stabilité. Réforme. Unité. », Ramon Vega entend donc faire de l’élection du 18 mars 2027 à Rabat un rendez-vous pour défendre une nouvelle orientation de la gouvernance du football mondial. Reste désormais à savoir si ses propositions et les soutiens qu’il affirme avoir obtenus lui permettront de convaincre les associations membres de la FIFA.

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